samedi 8 août 2009

La Vida Argentina - Partie 2 - Hayllalla Pacha Mama

Pourquoi Tucumán?
D'une part parce que Flo voulait retrouver ses racines argentines,
Mais aussi pour travailler avec les communautés indiennes du Nord Ouest et comprendre un peu mieux leur situation actuelle. Pour cela: devenir volontaire de l'ONG ANDHES qui travaille sur le Droit des Peuples Originaires et participer aux cérémonies andines.
Car il y a du travail en Argentine.
Apres 500 années de guerre, d'extermination, de colonisation et d'évangélisation.
500 ans ou les peuples originaires ont été exploités et spoliés, leurs terres usurpés et leur culture bafouée.
Il ne reste que très peu de peuples originaires ici, quelques Mapuches, au Sud, et les Diaguitas, au nord.
Ces dernières années ont vu une renaissance de la lutte des Indiens Diaguita.
Aidée par l'adoption de lois internacionales et nacionales sur le droit des peuples indigènes et par l'implication des associations locales.

Mais le combat est dur et on ne sort pas d'une situation sociale entérinée depuis 500 ans si facilement.
La police locale et les juges sont corrompus, les grands propriétaires terriens sont de mêche avec le gouverneurs tous-puissants, le racisme est toujours présent, l'opinion public connaît peu le sujet, les indiens connaissent peu leurs droits...

Ateliers de capacitacion sur le droit des Peuples Indigènes à Santa Barbara (Cafayate)
La Comunauté de Santa Barbara. Certains ont dû faire 10h de cheval pour participer à l'atelier.
A Colalao la comunauté Quilmes lutte pour leur terre. Une "Gallega" (Argentine d'origine espagnole) les revendique et a demandé leur expulsion. Malgré les pressions de la police, le rassemblement dure depuis une semaine déjà.
Les lopins de terre avait déjà été distribués à des familles sans ressources financières pour y construire leur maison...

Une des clefs de la reconstruction de l'identité indiennes est la ré-appropriation des cérémonies.
L'une d'elle est l'Inti Raymi, la fête du soleil (en quechua : Inti–Soleil/Raymi–cérémonie).
On la sait célébrée par les Incas en culte au Soleil. Abandonnée aprés la conquista, elle se pratique de nouveaux a Cuzco sous une forme plus ou moins touristique.

Mais l'Inti Raymi, c'est aussi le solstice d'hiver,
la nouvelle année pour l'hémisphère Sud...

Ici, dans la vallée de Tafi, cette cérémonie renait. La plupart des connaissances sont perdues, mais le bouche a oreille a permis de transmettre des chants et les principales idées. Les communautés réinvente leurs rîtes. Nous avons pu assister a la cette cérémonie chez les indiens Quilmes.
Tout commence par une fête chez le Cacique, y'a pas a dire, les indiens sont de bons fétards! Des gens de tout âges sont rassemblé, ça joue de la guitarre et du charango à fond.
Notre hôte présente à l'assemblé son
aieulle qui entame une longue litanie sur les son du tambour.
Jusqu'à l'aurore... tous montent alors sur la colline sacrée au milieu de la vallée, trés peu d'heures de sommeil et la gueule de bois rendent la montée périlleuse.
Et quand les premiers rayons du soleil sortent, commence la cérémonie, mains levées vers le soleil, les caciques font leurs orations.
Chacun son tour se rapproche de l'Apacheta, fais ces voeux à la Pacha Mama et donne de quoi la nourrir: feuilles de coca, herbes médicinales, pain, maïs, alcool, vin et boissons gazeuses.
Très peu de traces du passé ont survécues, à travers des gestes et des chants. Le reste est improvisé. Les Quilmes avancent encore à taton, entre la sauvegarde de leur passé et la construction du futur.

Plus tard, nous avons pu assister a une cérémonie pour la Pacha-Mama
chez le Cacique* de Casas Viejas. Cérémonie en l'honneur de la Terre Mère.

Aprés bonne heure de marche nous voilá a la maison du Cacique*. Dés le début, nous somme mis dans le bain avec la "Sanation" ou nous sommes purifiés.Comme toujours c'est l'occasion pour une bonne fête! Sur les rythmes du folklore argentin...
Et encore une fois un reveil difficile a l'aurore avec un bon maté cocido.
La cérémonie a lieu un peu plus haut dans la montagne.
Au pied de l'Apacheta, les offrandes sont déposées dans le trou creusé à cet effet.
Chacun son tour fait des offrandes a la Pacha Mama.
Les bébés c'est pas gagné...
Et un petit tour pour voir les totems vestiges des civilisations passées, dont la forme rappelle vagement quelque-chose..

Tout ceci fut sans hésiter une des parties les plus riches de notre voyage...

Mais nous devons partir rejoindre Matias et Marie au Brésil, a bientôt donc pour plus d'aventures (et de chaleur, pasqu'en vrai on se les ai pelées)!

*cacique: Chef d'une communauté indienne.

Pour les hispanophones, je conseille vivement les pages de Wiki en Español nettement mieux documentées.

vendredi 31 juillet 2009

La Vida Argentina - Partie 1 - Tucumán

Il y a beaucoup a dire sur cette ville et sur ce que nous avons vécu.
(Beaucoup trop l'inspiration, un peu en panne ces derniers jour il faut l'avouer.)
Nous allons donc céder à la facilité et faire du thématique!
Bienvenue a Tucumán.

1) Tucumán
San Miguel de Tucumán est la province la plus petite et la plus densément peuplée de l'Argentine.
Entre les contreforts des Andes de Salta et les vertes plaines de Santiago del Estero,
Bastion de l'indépendance argentine en 1816.
Terre des agrumes, du maïs, de la canne à sucre et des ancêtres de Floflo!

Maison de l'Indépendance.

C'est peut être une des villes qui ressemble le plus au Paraguay.
On trouve des vendeurs ambulants un peu partout et de tous les âges.
Les immeubles poussent entre les vielles maisons coloniales décrépites.
Dans la périphérie, les chacaritas.


La culture vie au travers des café-concerts et des théâtres de quartier,
Dans les vestiges du 19eme siècle où la ville a connu son âge d'or.
Dans les Peñas, on danse sur le son des Chacarera, Samba et Gato
et sur le son du Charango* dans les fêtes boliviennes.
Mais Tucuman, c'est aussi une ville très dense et très très polluée.
Et l'occasion de voir que la plupart des Sud-Américains ne se sentent que peu concernés par l'écologie...


2) Nous
Flo a d'abord habité dans la case familiale (Oncle, Tante, Cousine et Nièce).
Nous avons ensuite logé dans différents hôtels, au grès des embrouilles avec les proprios.
(Pilou: Flo a pu tester la vision du Droit du Travai en Argentine en ce faisant viré a la sauvage.
Le travail ne court ici pas les rues, et les employés courbent plutôt l'échine devant le Tout-Puissant Employeur...)
Pendant que Flo tentait d'arrondir les fins de mois et travaillait comme volontaire dans l'ONG ANDHES, association de défense des Droits de l'Homme, Pilou a pu mettre a l'épreuve son oisiveté quasi légendaire entre le canap' et le mur d'escalade.

Les Doudous et la Cousine

Nous avons pu aussi fêter nos anniversaires respectifs.
Tout commence par l'anniversaire a Flo, voici 27 ans que la cocotte nous gratifie de sa présence.
(J'avoue avoir été un peu a la bourre)
Puis le mien, 24 ans de Brignais à Tucumán. Un bon asado surprise pour fêter ça!
Et surtout, nos 1 an sur le continent Sud-Américain.


3) Les gens
Les rencontres furent nombreuses et enrichissantes.
La famille de Florence,
Les français expatriés (le français est très voyageur),
Les tucumans,
Les indiens en lutte,
Les collègues de Flo.......

La troupe des expat' francophones.Ados Tucumans arborant leurs tatouages lors d'une soirée.Pilou (votre serviteur), Alexandra (l'éternelle célibataire) , El Chino (l'Homme de tous les combats), Margarita (la présentatrice radio), Flo (la bichette) et Silvina (la cousine).

Mais le plus fort ici, fut certainement la rencontre avec les peuples indigènes, luttant pour retrouver leur terre et leur culture, spoliées pendant plus de 500 ans.

A bientôt donc, pour La Vida Argentian - Partie 2
Hayllalla Pacha Mama !!!

*Charango: petite guitarre qui se rapproche de la mandoline ayant comme caisse de raisonnance la carapace du Tatou


Edit Pilou 9/8/09: Spécial dédicace à Matias et Giú.

mercredi 22 juillet 2009

23+1

Voilà, ça fait 1 an que je suis parti et 1 année de plus au conteur!
Ça passe vite...

Des bisous d'Argentine et à dans pas si longtemps!!!!

jeudi 9 juillet 2009

De Chile hasta Argentina - Un trou dans la terre.

Bon je vais pas faire du "Chateaubriant" à chaque post, et pour celui-ci les photos vont parler d'elles-mêmes!
Me voilà donc parti rejoindre ma douce a Tucumán, Argentine.

Premier arrêt, Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde.
En pleine rencontre entre les plaques tectoniques de l'Amérique du Sud et du Pacifique, toute la zone est pleine de cuivre, or, argent, potassium, etc...


20.000 personnes travaillent en relais.
60.000 tonnes de roches sont excavées chaque jour pour 2000 tonnes de cuivre produit. La mine principale mesure plus de 4km de long....et produit à elle seule 10% du cuivre du monde....


Chaque jour plus grand, ce gigantesque trou recouvre petit à petit la ville, aujourd'hui abandonnée, de Chuquicamata.

Un camion de taille "moyenne", 7m de haut pour 600 tonnes en pleine charge...
Qui s'engouffrent en file indienne dans la mine principale...

La mine a longtemps été aux mains des multinationales, exploitant les ouvriers dans des conditions qui firent se hisser les cheveux sur la tête au jeune Ernesto Guevara lors de sa première traversée du continent (Lisez Voyage à motocyclette).
Et ceci jusqu'à la nationalisation de l'extraction de cuivre par le gouvernement de Salvador ALLENDE vers les années 1971-1972.


Une petite nuit à Calama, un problème de réveil et je rate mon bus pour l'Argentine...
J'enrage, le prochain est dans 3jours , il va falloir se la jouer à l'auto-stop!

La suite est assez "funky"... mais après une journée au poste frontière, un camionneur sympa m'emmène. C'est parti pour 12h de voyage dans les Andes.

Arrivée a San Pedro
Le volcan Licancabur 5916 m.Dans les Andes... 4900 mètres.
Arrivé de l'autre coté en pleine nuit. Il me faut encore 5/6 heures de route jusqu'à Tucumán.
J'y pose le pied au petit matin, après plus de 24h de voyage...

vendredi 26 juin 2009

Je vis ici.

Mon sac est prêt,
Là contre le lit, les souvenirs embalés.
Dans un coin mes baskets,
déjà trop usées.
Un dernier mot à Yadari, le proprio de l'hotel.
On a partagé de bons moments,
Autour d'un tarlu, discutant du surf et du monde.
"Le meilleur âge est à 40 ans" dit-il, et en le regardant j'ai envie de le croire.

Fête Nationale a Iquique... tout les matins la fanfare d'un collège s'entrenait a deux pas de ma fenêtre... je HAIS la caisse clair.

Le surf, ce qui m'a ammené ici. Les meilleurs vagues du pays (6000km de côte le pays)
Une puissance que je n'avais jamais rescenti avant
La vague n'est pas si grande mais elle te broit.
Sans pitié, sans chance de résister et en priant pour éviter les rochers.
Il m'a fallut du temps pour la dominer... et encore...

Championnat du Chili, des vagues de plus de 5 mètres...
La mer, c'est l'âme d'Iquique,
De là vient la vie, sans elle il n'y a que le désert.
Les nombreuses espèces peuplant les côtes en sont la preuve.
Et ça reste un perpetuel enchantement de surfer auprès des lions de mers,
Ou de voir les pélicans raser les vagues.
Et chaque soir en rentrant du travail,
Je foullais du pied le sable fin de la baie.

Les Lions de Mers (300kg pour un mâle adulte) sont d'excellents surfeurs. Pas méchant mais trés joueur, il arrive qu'ils "chamaillent" les riders...
J'étais garcon au "Cantaba la Rana", un resto pseudo-chic de la péninsule.
Autant dire qu'avec mon inexpérience et ma maladresse, les débuts ont été difficiles.
Mes collègues parlaient un chiliens couper à la hâche.
J'ai renversé à boire sur un client... etc...
Mais au final, ça a bien marché et j'ai même lié quelques belles amitiés.

Avant...
...après!
Nous sommes sortis ensemble maintes fois, ce qui fit souvent l'occasion de surprises quelque peut "spéciales".
Des bons souvenirs quand même s'il en est!

Le Bar à Hôtesse, c'est un peu la spécialité d'Iquique en tant que ville portuaire... qu'essss que je fous là????

Mais il est l'heure, le bus bientôt part,
De retour pour l'Argentine.
Les yeux dans la nuit, je regarde partir ces jours où je pouvais dire
Je vis ici.